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Article dans Les Echos

Écrit par Valérie Talmon - lesechos.fr


L’auto-entreprise comme tremplin : c’est possible ! Retour sur le parcours de Philippe Carrez, aujourd’hui à la tête d’une SAS innovante.

« Depuis longtemps, j’avais en tête un projet de création d’entreprise, en lien avec ma passion : la plongée. L’idée de départ : le globe est recouvert à 70 % par les océans, mais seules 0,5 % de la population y a accès. » Suboceana utilise les technologies de l'information et la communication (TIC) pour valoriser le monde sous-marin auprès du grand public, amener les non-plongeurs à découvrir les océans d'une nouvelle manière. Modélisation 3D, simulation de plongée, jeux vidéo, e-Learning, sites web, Second Life, OpenSIM : les applications sont nombreuses pour découvrir le grand bleu !
« Quand le régime d’auto-entrepreneur a été créé, je me suis enfin lancé. Auparavant, j’étais freiné par la prise de risque. Cela m’a permis, dès février 2009, de pouvoir tester mon projet sans démissionner, sans investir trop. Et surtout sans le casse-tête des démarches administratives. J’ai donc démarré Suboceana en février 2009, en restant salarié en 4/5e. Très rapidement, j’ai décroché un contrat important avec la fédération américaine de plongée, Professional Association of Diving Instructors (PADI). 


J’ai lu que d’autres auto-entrepreneurs étaient gênés par le fait de ne pouvoir facturer la TVA. Mais étant dans les services, et pouvant adapter mes prix, cela ne me dérange pas. En outre, mon premier client étant aux USA, cela ne posait pas de problème. C’est vrai que si j’avais été dans une activité de vente de matériel, je pense que la non-récupération de TVA aurait bloqué des clients. Ce qui m’a le plus gêné, en revanche, c’est la non-déductibilité des frais commerciaux, car j’en avais beaucoup : j’ai déposé ma marque, j’effectuais beaucoup de déplacement pour prospecter mes clients, participer à des salons, etc. Côté image, là encore, avec les USA, cela n’a posé aucun problème que je sois auto-entrepreneur. En revanche, peu à peu, lors de salons, j’étais à côté de grosses sociétés. Et là, mon statut d’auto-entrepreneur faisait un peu moins crédible. »

D'auto-entrepreneur à dirigeant de société

« En 2009, pour ma première année, j’avais déjà atteint le plafond de 32 000 euros de chiffre d’affaires. Comme j’étais encore salarié, j’ai tout mis de côté pour pouvoir investir ensuite. En 2010, j’ai démissionné. Avec mon chiffre d’affaire de l’année 1, j’ai pu prendre le temps de développer de nouveaux outils, de passer de nombreux concours. Cette deuxième année a été une année de développement, de communication. J’ai réalisé un chiffre d’affaires moindre, 15 000 euros, mais cette année a été capitale pour préparer la suite. 
En février 2011, j’ai basculé dans un autre univers en créant Suboceana sous forme de SAS, avec un capital de 10 000 euros, pour moitié financé grâce à un concours. Pourquoi j’ai changé de statut ? Tout d’abord parce que j’avais besoin d’embaucher. J’ai embauché un CDD en septembre, qui passera en CDI cette année. J’avais aussi besoin de pouvoir inclure la TVA dans mes factures face à de nouveaux clients. Le plus gros changement ? Les aspects administratifs (comptabilité, déclarations, etc.) qui prennent beaucoup de temps !  Même si je suis aidé par un expert-comptable, ça change vraiment. Mais j’ai aussi gagné en crédibilité : mon évolution, passer du salariat à auto-entrepreneur puis à la création de la SAS rassure, cela m’a ouvert de nouvelles portes. Reste que l’auto-entrepreneuriat a été très positif : cela a été le déclic, le déclencheur, un vrai tremplin. »

Article original sur http://subo.fr/zBHhZF

Valérie Talmon

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